Intéressons
nous au Parlement Européen dont nous avons élu les représentants
Petite
histoire d'une exposition au Parlement Européen en octobre 2005
Alors
qu'était commémoré le 60 ème anniversaire
de la libération de l'Europe du totalitarisme national socialiste,
certains parlementaires ont insulté la mémoire des juifs
exterminés en Europe dans un le Parlement, créé
pour empêcher le retour des horreurs du nazisme
Des
députés polonais et des membres la « Ligue
des Familles Polonaises » opposés au droit à
l'avortement ont réalisé une exposition contre l'avortement
légal : ils y montrait notamment des images de fœtus avortés
pour assimiler la décision des femmes à un meurtre de
masse et la situation des fœtus à celle des juifs ; double
injure envers les femmes assimilées à des nazis et envers
les juifs assimilés à des fœtus. Ce discours a origine
dans des propos de Jean-Paul II et est régulièrement repris
dans les publications des anti-IVG catholiques
Me
Anne Van Laker a alerté les députés qui ont fait
retirer les images injurieuses. A l'heure de l'élargissement
de l'Union européenne il est important que la majorité
des députés défendent les droits des femmes en
particulier leurs droits reproductifs
Une
ONG, Catholics for Free Choice, présente au Parlement pour la
défense du droit à l'avortement a invité à
signer une lettre ou à écrire au Président Joseph
Borrel-Fontelles. Même si la date du 25 novembre était
fixée pour signer la lettre de CFF, il n'est pas trop tard pour
manifester notre indignation sur cette affaire, car les propos injurieux
et antisémites de JPII sont repris régulièrement
dans les déclarations anti-IVG d'obédience catholiques
L'Europe
et les droits des femmes : une évolution positive depuis
1995
En
matière de droits sexuels et reproductifs
Le
point de départ de l'émergence des droits reproductifs
dans les instances internationales est la Conférence Internationale
sur la Population et le Développement (CIDP) au Caire en 1994
et la 4 ème Conférence Mondiale sur les Femmes à
Beiging en 1995. L'accès universel aux soins en matière
de santé reproductive et sexuelle doit avoir une application
mondiale, incluant l'Europe.
Les
inégalités y concernent particulièrement l'est
et l'ouest, la contraception concerne 65% des femmes à l'ouest
et 35% dans les pays récemment libérés.
A
l'est, l'avortement y reste le moyen essentiel (car économique)
de régulation des naissances et donne encore lieu à de
graves complications du fait de la dégradation des services de
santé ; maintenant les femmes ont honte face à une
désapprobation sociale nouvelle dans les pays ou l'avortement
était déjà légal et le conservatisme émergeant
entraîne un risque de régression sur les droits reproductifs
et sexuels à l'exemple de la Pologne et de la Slovaquie
-
Le 3 juillet 2002 le Parlement Européen a voté les résolutions
présentées par Mme Van Lacker sur les droits sexuels et
reproductifs en Europe et malgré l'opposition des activistes
anti-choix. Il a envoyé ainsi un signal international fort sur
ses intentions de défendre ces droits
-
Le 18 octobre 2005 Audition sur l'inégalité des femmes
dans l'Union Européenne face à l'avortement
sous l'impulsion de l'ONG suédoise spécialisée
dans l'information sexuelle et avec l'appuis de Catholics for Free Choice
et de l'IPPF (Planning International)
Il
circule un texte en faveur d'une action immédiate du Parlement
pour inciter les 4 pays à légaliser l'avortement (Pologne,
Portugal, Irlande et Malte) et les ex pays de l'Est à mettre
en jeu contraception et avortement en sécurité
Même
si au cours de cette audition, l'avortement même légal
apparaissait encore de façon négative, le lien avortement,
contraception, information sexuelle des adolescents est clairement établi
et les activistes présentes (députés et représentants
d'ONG) déterminées sur des objectifs féministes.
-
Cette même Assemblée Parlementaire a adopté deux
recommandations au Conseil de l'Europe au mois d'octobre 2005
- L'une concerne les mariages précoces
et les mariages forcés
Celle-ci prévoit une information
dans les écoles, la punition des parents contrevenants, l'invalidation
du mariage
et l'aide aux victimes.
-
L'autre, adoptée à une large majorité est une résolution : « femmes
et religion en Europe ».
Celle-ci demande aux états européens de garantir
la séparation nécessaire entre l'Eglise et l'Etat
pour que les femmes ne soient pas soumises à des
politiques ou des lois inspirées de la religion
(domaine de la famille, du divorce et de l'avortement)
Même
si nous savons qu'une résolution doit être adopté
par l'Union et est loin d'être appliquée après son
vote, le fait que en quelques mois nous ayons vu émerger les
droits de femmes au Parlement est une petite révolution et cela
mérite notre attention et de prévoir une action de lobeeing
plus soutenue envers nos parlementaires et les parlementaires étrangers
engagées dans la lutte pour les droits reproductifs
Et
en France ?
Face
à la communauté internationale, la France veut apparaître
comme un « bonne élève » en matière
de droit des femmes
Suite,
encore à la Conférence de Beiging en 1995, la réunion
de suivi des engagements pris par les états en faveur des femmes
s'est ouverte à l'ONU en mars 2005 sur un bilan mitigé.
Mais dans son discours la ministre de l'époque Nicole Ameline
a mis l'accent sur l'engagement de son pays en faveur de l'égalité
entre le hommes et les femmes ; les inégalités entre
les sexes sont des facteurs structurants du sous développement.
Lutter pour l'égalité c'est faire reculer la pauvreté,
abattre les discriminations et c'est oeuvrer pour un développement
économique social et humain durable et équitable …
Il
n'est pas interdit de rappeler les propos d'un ministre de la droite
encore au pouvoir.
A
suivre
Annie
Bureau
Décembre
2005