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CONTRACEPTIFS OESTROPROGESTATIFS DE 3ÈME GÉNÉRATION

 

A la fin de l'année 1995, les résultats de 3 études épidémiologiques menées indépendamment ont suggéré que l'utilisation de contraceptifs oestroprogestatifs contenant du progestatif désogestrel était associée à un risque d'accident thromboembolique veineux plus élevé que l'utilisation de contraceptifs oestroprogestatifs contenant le progestatif lévonorgestrel. Cependant la possibilité de biais et de facteurs de confusion n'ayant pu être écartée, le CSP, en accord avec l'ensemble des agences nationales, a poursuivi l'analyse de l'ensemble des données disponibles et a rendu public l'état d'avancement du dossier en 1995, 1996 et 1997.

Le rapport public d'évaluation du CSP, disponible sur le site www.afssaps.sante.fr présente les conclusions de l'évaluation de l'ensemble des informations disponibles jusqu'à mi septembre 2001 :
  • Le risque d'accident thromboembolique veineux est un peu plus important chez les femmes qui prennent une pilule oestroprogestative contenant au moins 30 microgrammes d'éthinylestradiol associé à du désogestrel ou du gestodène que chez celles qui prennent une pilule oestroprogestative contenant du lévonorgestrel associé à la même quantité d'éthinylestradiol. L'estimation du risque relatif d'accident thromboembolique veineux associé à ces pilules par rapport à celles contenant du lévonorgestrel varie selon les études épidémiologiques et serait compris entre 1,5 et 2.
  • Pour les pilules oestroprogestative contenant 20 microgrammes d'éthinylestradiol associé au désogestrel les données épidémiologiques ne suggèrent pas un risque thromboembolique veineux plus faible que celui des pilules contenant 30 microgrammes d'éthinylestradiol.
  • Il n'y a actuellement pas d'étude épidémiologique disponible concernant les pilules oestro-progestatives contenant 20 microgrammes d'éthinylestradiol associé au gestodène. Cependant, dans la mesure où le risque thromboembolique veineux est similaire pour les pilules contenant 30 microgrammes d'éthinylestradiol associé au gestodène ou au désogestrel, on peut considérer par analogie qu'il n'y a pas de différence entre les pilules contenant 20 ou 30 microgrammes d'éthinylestradiol associé au gestodène.
  • Il n'y a actuellement pas de données concernant les pilules oestroprogestatives contenant moins de 20 microgrammes d'éthinylestradiol.
  • Les données sont insuffisantes pour les pilules oestroprogestatives contenant un progestatif autre que le lévonorgestrel, le désogestrel ou le gestodène.La fréquence du risque thromboembolique veineux peut être exprimée de la façon suivante :
  • Femmes en bonne santé, d'âge compris entre 15 et 44 ans, ne prenant pas de pilule oestroprogestative : 5 à 10 cas pour 100 000 années-femmes
  • Femmes prenant une pilule oestroprogestative contenant moins de 50 microgrammes d'éthinylestradiol associé à du lévonorgestrel : 20 cas pour 100 000 années-femmes d'utilisation
  • Femmes prenant une pilule oestroprogestative contenant moins de 20 microgrammes d'éthinylestradiol, associé au désogestrel ou au gestodène : 30 à 40 cas pour 100 000 années-femmes d'utilisation.

Il convient toutefois de remarquer que le risque thromboembolique veineux associé à la prise de toute pilule oestroprogestative est plus faible que le risque thromboembolique veineux associé à la grossesse, qui est d'environ 60 cas pour
100 000 grossesses.

Le CSP conclut que le risque d'accident thromboembolique est plus faible et que le bénéfice-risque reste favorable pour l'ensemble des oestro-progestatifs disponibles. Il recommande aux femmes de ne pas interrompre leur traitement s'il est bien toléré et aux médecins de prendre en compte ces données pour la prescription d'un contraceptif oral oestroprogestatif, en particulier lorsqu'il s'agit d'une première prescription et utilisation.

Conclusion

Le risque thromboembolique étant légèrement augmenté avec les pilules à 30 microgrammes contenant du désogestrel ou du gestodène, il est légitime de ce point de vue de prescrire des contraceptifs à 30 microgrammes avec le lévonorgestrel, qui en France, est en plus remboursé par la Sécurité Sociale.

Docteur Dominique PLATEAUX - ANCIC

 

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