RAPPORT SUR LA PRATIQUE DE L'I.V.G EN FRANCE
Il s'agit d'une enquête** effectuée en 1992 à
la demande du secrétaire d'état aux droits des femmes et
faite en collaboration avec l'INED.
Les objectifs de cette investigation étaient :
- d'une part, de connaître un peu plus précisément
le fonctionnement des Centres et les dysfonctionnements,
- d'autre part, d'évaluer si la réponse à la demande
des femmes de subir une interruption volontaire de grossesse était
satisfaisante sur le plan qualitatif d'autre part et, si cette réponse
avait tendance à se dégrader ou à s'améliorer.
Il était exclu de faire une enquête donnant les résultats
représentatifs des pratiques de tous les établissements
français (ni le temps, ni les moyens).
Nous avons donc choisi 5 départements (3 départements et
2 groupes de département). Nous les avons choisis en fonction des
dysfonctionnements que nous supposions.
Nous avons choisi :
- un département en Ile de France où les IVG sont faites
majoritairement en privé,
- un connu pour les difficultés qu'il y avait eu, il y a quelques
années,
- un en région rurale où le chiffre d'avortements enregistrés
était bien inférieur à celui des départements
limitrophes,
- un qui d'après les chiffres d'enregistrements semblait marcher
plutôt bien.
- une région où il y avait eu l'année précédente
une baisse inexpliquée des avortements enregistrés.
DEROULEMENT DE L'ENQUETE
Deux impératifs ont donc présidé au déroulement
de l'enquête. Les médecins et démographes chargés
de l'enquête devaient faire eux-mêmes le travail sur le terrain.
Les entretiens devaient se dérouler avec le maximum de personnes
impliquées dans la pratique de l'I.V.G et être le moins directif
possible mais avec un "questionnaire" ou un guide d'entretien
élaboré à cet effet et qui rendait homogène
l'information recueillie par l'ensemble des enquêteurs.
L'enquête a tenté de recueillir le maximum de renseignements
sur :
- les structures d'accueil, leurs différents types, leurs éventuels
avantages ou inconvénients ;
- les personnes (médecins et personnels non médecin),
leurs statuts, les difficultés qu'ils rencontrent dans leur pratique,
les problèmes de recrutements, le mode de la prise en charge
de l'I.V.G par chaque intervenant.
- les obstacles à une réponse satisfaisante à la
demande des femmes sur le plan quantitatif, d'une façon générale
tout ce qui conduit à un contingentement de l'accueil ;
- l'activité non déclarée (infraction délibérée
à la loi ou négligence dans les déclarations) ;
- la réponse donnée à la demande des femmes sur
le plan qualitatif (déroulement de la procédure de l'IVG,
de l'accueil de la femme à l'intervention) ;
- les aspects matériels (locaux, matériels disponibles)
;
- les aspects médicaux (choix et diffusion des techniques) ;
- et d'une manière générale, la façon dont
la loi est appréciée, connue, appliquée et respectée.
Les rubriques prévues dans le "questionnaire" permettaient
de répondre à ces questions.
Je ne donnerai pas de réponse en terme de chiffres et compte-tenu
de la méthodologie, nous ne pouvons extrapoler à la France
entière. Il s'agit d'une vue d'ensemble du fonctionnement des lieux
où se pratiquent les IVG par l'intermédiaire d'un échantillon.
STRUCTURES D'ACCUEIL ET PERSONNEL
Pour savoir si la réponse à la demande des femmes était
satisfaisante sur le plan quantitatif et sur le plan qualitatif, nous
avons d'abord tenté de déterminer où se pratiquaient
les IVG et qui les pratiquait.
Structures d'accueil :
Nous avons visité presque tous les établissements qui déclarent
pratiquer des IVG dans les régions enquêtées les rares
fois où cela fût impossible, on a toujours pu interroger
à l'extérieur de l'établissement, un ou plusieurs
praticiens.
On a ainsi recueilli des renseignements sur 36 établissements
publics et 31 établissements privés, soit environ 7 % des
établissement publics et 8 % des établissements privés
qui déclarent des IVG dans l'ensemble de la France. Ces établissements
ont déclaré avoir pratiqué 12500 avortements environ
en 1990, soit une proportion parmi le total d'avortements déclarés
dans l'ensemble de la France de 7 %, à peu près équivalente
à la proportion des établissements visités parmi
ceux qui déclarent.
Dans le SECTEUR PUBLIC, le cadre dans lequel les femmes sont accueillies
appartient à un des 3 types de structures suivants :
- une unité spécifique autonome placée sous la
responsabilité directe du Directeur de l'établissement
et dans laquelle tous les locaux et tout le personnel sont propres à
l'activité IVG (centre IVG) ;
- une unité fonctionnant dans le cadre d'un service hospitalier
(un service de gynéco-obstétrique le plus souvent, mais,
pas nécessairement), dans laquelle une partie du personnel et
une partie du personnel et une partie des locaux du service son propre
à l'activité IVG ;
- un service hospitalier, gynéco-obstétrique ou autre,
sans unité spécifique, dans lequel il n'y a aucune distinction
d'affection du personnel, ni des locaux selon les actes pratiqués.
Au cours de notre enquête, on a rencontré 2 Centres IVG
autonomes et 2 services comprenant une sous-unité affectée
à l'avortement.
Dans tous les autres services visités, la prise charge de l'I.V.G
se fait sans distinction de locaux, ni de personnel, si on excepte la
présence de conseillères conjugales et familiales.
Les 2 centres d'I.V.G autonomes visités se trouvaient dans des
grandes agglomérations.
Cette diversité des structures d'accueil du public se double d'une
diversité des responsables de ces structures, qui peuvent être
praticiens hospitaliers de l'établissement, ou non, dans le cas
d'un centre I.V.G, chef de Service ou autre praticien hospitalier dans
le cadre d'un service hospitalier.
Le SECTEUR PRIVE offre évidemment beaucoup moins de complexité
et l'I.V.G se pratique ou à l'intérieur d'un service de
gynéco-obstétrique ou d'un service de chirurgie (chirurgie
générale, ophtalmologie
)
Personnel :
Les statuts et les motivations des praticiens qui effectuent les I.V.G
sont aussi très divers.
Dans les petits hôpitaux publics des petites unités urbaines
visitées, tous ou presque tous les médecins du service font
des I.V.G, de par la volonté du chef de service. Dans les petites
structures, les I.V.G sont rarement assurées par un médecin
vacataire, nous avons cependant rencontré 2 cas de médecins
généralistes marginalisés, dans 2 petits hôpitaux.
On rencontre plus souvent des médecins vacataires dans les grosses
structures. La présence de ces médecins vacataires relève
de 2 mécanismes :
- ou les praticiens du service ne trouvent pas d'intérêt
à faire les I.V.G, nous avons constaté que les vacataires
sont alors marginalisés dans une activité méprisée
;
- ou le chef de service préfère faire appel à des
médecins volontaires pour cette activité spécifique.
La solution est alors plus satisfaisante que lorsque la pratique des
I.V.G est réservée aux médecins les moins qualifiés,
internes ou étudiants étrangers à qui on impose
cette tache sous le prétexte qu'il s'agit d'un " acte simple
", ce qui ne les incite pas prendre en compte les aspects relationnels
de l'acte. On peut donc évaluer la volonté d'une structure
hospitalière (chef de service, commission médicale d'établissement
(CME), administration) de répondre correctement à la demande
par la place faite aux médecins pratiquant les I.V.G.
La rémunération des médecins vacataires est si modeste
qu'elle ne peut être une motivation à cette activité.
Remplir une mission refusée par beaucoup, participer à l'activité
d'un service et être militant sont les motivations plus fréquemment
rencontrées, mais quand les médecins sont rares et qu'un
vacataire fait plusieurs vacations, devient spécialiste de l'I.V.G,
on aboutit au paradoxe d'en faire un "spécialiste indispensable"
mais rejeté.
Ce qui rend le recrutement de ces vacataires de plus en plus difficile.
Dans le SECTEUR PRIVE, les I.V.G. sont intégrées dans la
pratique médicale des gynécologues accoucheurs , mais nous
avons rencontré d'autres situations qui semblent spécifiques
à l'I.V.G liées à une insuffisance de réponse
à la demande des femmes dans le secteur public et dans les maternités
du secteur privé. Des maternités mais aussi des cliniques
chirurgicales sans maternité acceptent d'ouvrir leurs structures
à des médecins extérieurs dont l'exercice à
l'intérieur de l'établissement peut ne se limiter qu'à
la pratique de l'IVG.
Ainsi, dans une clinique d'une des régions visitées, 3 médecins
pratiquent (un nombre très important) 1800 avortements par an et
n'y ont aucune autre activité. On imagine les problèmes
d'accueil que risque d'entraîner, dans cette région la brusque
fermeture d'une telle clinique ou l'abandon de la pratique de l'avortement
par un seul des médecins.
La motivation n'est jamais, pour un directeur d'établissement
privé, la rentabilité directe de l'acte (toujours qualifié
de non rentable) mais sa rentabilité indirecte obtenue auprès
d'une clientèle à qui on a donné satisfaction. La
motivation des médecins en privé est un peu différente
: satisfaire leur clientèle ou répondre à une demande
insatisfaisante par ailleurs (des médecins militants existent aussi
en privé).
Ce qui frappe dans les départements visités , c'est le
non-choix ou " choix obligé " du PERSONNEL NON MÉDECIN
de participer à l'activité I.V.G.
Pourtant, près de la moitié des personnes rencontrées
se déclaraient motivées. Certaines d'entres-elles ont été
engagées spécifiquement pour cette tache (c'est le cas de
conseillères), les autres parce que c'est " un problème
de femmes " (soulignons d'ailleurs le caractère exclusivement
féminin de ce personnel) ou simplement social et qu'elle veulent
que le système fonctionne au mieux dans l'intérêt
des patientes.
La notion d'équipe responsable de l'I.V.G. n'existe pas dans quelques
petites structures conviviales non surchargées et dans les CIVG.
Ce cloisonnement des activités ne favorise pas l'unité d'attitude
envers les femmes.
Quand existe une équipe, la femme se sent plus soutenue et ne court
pas le risque d'être confrontée à des discours contradictoires.
LES CONSEILLÈRES
Les différents éléments recueillis au cours de l'enquête
mettent en valeur le rôle primordial que jouent les conseillères.
C'est à elles que revient le soin de prendre en charge et de résoudre
les problèmes les plus difficiles. En particuliers les femmes hors
délai légal, de même que les mineures sans autorisation
et les étrangères en situation irrégulière.
De plus elles remplacent bien souvent les assistantes sociales pour obtenir
les aides médicales dont peuvent bénéficier certaines
femmes en difficulté.
Le recrutement des conseillères est lié aux conditions historiques
de la légalisation de l'avortement en France. Il s'agissait de
femmes militantes, motivées, qui à partir de 1975, ont accepté
d'institutionnaliser leur fonction. Du bénévolat, elles
sont passées à des conditions statuaires et financières
extrêmement précaires. Ces femmes arrivent en fin de carrière,
Qui va les remplacer ?
Il est clair que les motivations des personnes qui pourraient postuler
à ces fonctions ne peuvent être les mêmes et que leur
qualification (souvent des psychologues) font qu'elles n'acceptent pas
les conditions actuelles de rémunération.
Les vacances de poste déjà existantes n'iront qu'en augmentant
si un vrai statut n'est pas défini et qu'il ne prévoit pas
une rémunération correcte de ce personnel.
Pour conclure sur le personnel, ce qui a le plus frappé les responsables
de l'enquête, c'est la précarité de la situation du
personnel. Cette précarité, la marginalisation, la dévalorisation
de l'acte d'avortement, sa spécificité sont les facteurs
le plus souvent invoqués pour expliquer les difficultés
de recrutement signalées partout.
QUELS SONT LES OBSTACLES À UNE RÉPONSE SATISFAISANTE SUR
LE PLAN QUALITATIF ?
La comparaison, d'une année sur l'autre, des nombres d'avortements
déclarés dans un même département et la comparaison,
une même année des nombres d'avortements déclarés
d'un département à un autre, révèlent, depuis
1975, des discontinuités, dans le temps et dans l'espace, tout
à fait surprenantes paraissant plus relever de discontinuités
dans l'enregistrement des I.V.G que de discontinuités dans le comportement
des femmes d'une année sur l'autre dans un même département
ou d'un département à l'autre une même année
.
Un des objectifs de l'enquête sur le terrain a été
de vérifier l'existence de cette liaison entre la sous-déclaration
statistique et l'imperfection de la réponse à la demande
des femmes. C'est une des raisons du choix de plusieurs des régions
visitées.
L'enquête a ainsi renseigné sur le nombre d'avortements
réellement pratiqués par les établissements qui en
déclarent et permis de le comparer au nombre déclaré,
mais elle a aussi révélé l'existence d'un certain
nombre d'établissements qui en pratiquaient sans en déclarer.
On ne peut extrapoler ces statistiques à l'ensemble de la France,
les régions retenues pour l'enquête l'ayant été
justement parce qu'on y soupçonnait des irrégularités
.
39 % des établissements publics (16/41) sont en infraction, par
rapport à l'enregistrement déclarant moins ou pas par rapport
aux chiffres de la DDASS.
Les sous-déclarations, dans le secteur public, relèvent
de la négligence de ceux qui doivent remplir les bulletins et de
ceux qui les collectent (défaut d'approvisionnement en bulletins,
absence d'un regard critique de la DRASS sur le nombre annuel de bulletins
envoyés par chaque établissement, circulaire du ministère
qui ne parviennent jamais aux services concernés..)
La proportion des établissements privés en infraction pour
insuffisance ou absence de déclarations des IVG pratiquées
est encore supérieure à celle qu'on observe dans le secteur
public.3/4 environ des cliniques visitées ne déclarent pas
ou de façon incomplète.
Deux raisons à cette insuffisance ou à l'absence d'enregistrement
:
- La négligence,( 1/3 des cliniques ne sont pas incitées
à une discipline dans ce domaine) ,de même nature que celle
constatée parfois dans le secteur public, n'est pas révélatrice
d'une insuffisance de réponse à la demande des femmes.
- D'une toute autre nature est l'infraction commise par les secondes.
Soit elles ne déclarent pas, soit elles " les passent en
K30 ". On a observé ce phénomène dans toutes
les régions, mais certaines régions sont plus spécialisées
que d'autres dans ce type de pratiques. L'argument invoqué car
on ne se cache pas de le faire, c'est plus rapide, elles ne sont pas
étiquetées I.V.G et elles sont remboursées à
100% . Ceci est facturé à la Sécurité Sociale
3670 f , par exemple, dans une de ces cliniques (K30+k25 pour l'anesthésie
générale+ hospitalisation).
POURQUOI DE TELLES PRATIQUES ?
Notre hypothèse est qu'elles sont liées à l'insuffisance
de réponse du secteur public.
Même quand l'activité des hôpitaux paraît importante,
elle ne suffit pas en général à répondre à
tous les besoins. Pour le privé, il est difficile de répondre
à une demande importante en restant dans la légalité
(quota, faible rentabilité, concurrence) d'où le glissement
progressif vers l'illégalité, en toute impunité et
au détriment des intérêts de la collectivité
et des femmes les plus en difficulté.
Cette façon de procéder entraîne souvent d'autres
infractions : pas de délai de réflexion, pas d'entretien
pré-IVG, pas toujours de conseils de contraception post-IVG, pas
de formation du personnel, et, de plus, conduit à un sous-enregistrement
qui rend difficile son évaluation et par la-même, le chiffrage
de la demande. Les statistiques imparfaites favorisent les estimations
les plus fantaisistes du nombre et de l'évolution des avortements
pratiqués, par les détracteurs de la libéralisation.
L'égalité des droits des femmes dans ce domaine ne peut
se faire sans une totale clarté des pratiques dont le corollaire
est l'exhaustivité de l'enregistrement.
CAUSES DE L'INSUFFISANCE DE LA RÉPONSE QUANTITATIVE A LA DEMANDE
DANS LE SECTEUR PUBLIC.
L'insuffisance de la réponse du secteur public trouve son origine
- dans le non respect de l'obligation, par certains hôpitaux
publics, de pratiquer des avortements.
- dans le contingentement des actes effectués.
1 - L'absence de pratique des IVG dans certains
hôpitaux :
Nous avons visité 4 hôpitaux qui ne pratiquaient pas d'IVG.
Directeurs et médecins de deux des quatre hôpitaux qui ne
font pas d'IVG déclarent leur hostilité à l'avortement
; il ne semble pas qu'on ait tenté de leur faire appliquer la loi.
Les médecins des deux autres ont fait jouer la clause de conscience.
Mais dans l'un d'entre eux, le chef du service de gynéco-obstétrique,
qui ne voulait pas faire lui-même des IVG tout en reconnaissant
accepter d'en faire pour ses clientes quand il se sentait responsable
, en cas de grossesse sur stérilet par exemple(on reviendra plus
loin sur cette interprétation de l'article de loi sur la clause
de conscience qui permet de choisir les femmes à qui l'on accepte
de faire un IVG), n'avait pas été défavorable à
l'installation d'un centre d'orthogénie dans l'hôpital. Celui-ci
était prévu, mais ne s'est jamais ouvert !
2 - Le contingentement :
Seuls les petits hôpitaux visités répondaient quantitativement
à la demande. Toutes les grosses structures limitaient le nombre
d'avortements pratiqués.
Le nombre de lits, le nombre de praticiens I.V.G. et le nombre d'anesthésistes
d'un établissement déterminent un nombre maximum d'avortement
susceptibles d'y être pratiqués en moyenne par semaine. La
demande dépasse cette offre dans toutes les grosses structures
visitées.
L'Hôpital refuse alors d'accueillir toutes les femmes qui se présentent.
On peut qualifier ce contingentement de structurel et incontournable.
Dans d'autres cas, l'hôpital fixe, à priori, sans aucune
évaluation, même approximative, de la demande, le nombre
d'I.V.G. effectuées par semaine, que ce nombre soit clairement
prévu, ou qu'il y ait qu'une1/2 journée par semaine attribuée
à l'I.V.G. Ce comportement diffère de celui de l'établissement
quand il s'agit d'autres activités, diffère de celui des
cliniques privées qui programment d'un jour à l'autre leurs
interventions en fonction de la demande, et diffère de celui des
CIVG autonomes qui travaillent toute la semaine.
Une limitation arbitraire du nombre des avortements se double parfois,
on l'a vu dans plusieurs établissements, d'une sélection
des femmes que l'on accueille :
- terme plus précoce (8 semaines)
- refus de femmes de contingentement arbitraire à signaler :
dans deux hôpitaux enquêtés, toutes femmes ayant
eu déjà un avortement était systématiquement
renvoyée.
- Enfin contingentement parfois par l'absence de réponse à
la demande en période de congés ou lors d'un départ
de vacataire, en particulier quand l'activité repose sur un seul
praticien. Comme il est impossible de trouver des remplaçants
formés, certaines régions visitées ont connu de
très grosses difficultés certains mois d' août des
dernières années.
Il vaudrait mieux programmer des solutions avant que les difficultés
ne surgissent.
De telles situations rendent très fragile la situation de l'I.V.G
. Nous adhérons au commentaire d'un médecin d'un petit hôpital
: " Si toutes les maternités acceptaient de faire un nombre
d'avortements au moins égal au 1/3 des accouchements qui s'y déroulent,
il n'y aurait pas de difficultés d'accueil pour les femmes ".
Il faisait ainsi intuitivement une estimation assez correcte du nombre
d'avortements pour 100 naissances en France.
Un décret prévoit l'obligation pour les établissements
publics de faire chaque année un rapport permettant d'apprécier
le nombre d'interruptions volontaires de grossesse dont ils ont été
saisis au cours de l'année écoulée et à la
suite qui leur a été réservée. Cette obligation
est non seulement ignorée de tous les établissements visités,
mais aussi de tous les fonctionnaires rencontrés. Personne n'avait
jamais vu ce bordereau.
Sans mésestimer la difficulté de faire un tel rapport, il
serait peut-être bon de se donner les moyens de disposer d'une telle
information, capitale pour évaluer les capacités d'accueil.
RÉPONSES À LA DEMANDE SUR LE PLAN QUALITATIF ET DÉROULEMENT
DE LA PROCÉDURE.
Au cours de cette enquête, nous avons essayé de savoir comment
se déroulent dans les établissements visités les
différentes démarches aboutissent à un I.V.G.
COMMENT LES FEMMES CONTACTENT-ELLES UN ÉTABLISSEMENT ?
L'accès direct à l'établissement est beaucoup plus
fréquent dans le secteur public que dans le secteur privé.
La femme doit parfois s'adresser à plusieurs établissements
selon l'information dont elle dispose et les réponses données
au téléphone.
Dans la majorité des établissement visités, le refus
d'accueillir est assorti soit d'une indication d'un autre établissement,
soit, plus souvent, d'une orientation vers le M.F.P.F, ce qui est pour
le moins paradoxal ! dans un des établissements, la conseillère
reçoit toutes les femmes, mais en réoriente la moitié
faute de place dans le service qui est très contingenté
(un seul médecin, une seule matinée opératoire).
Nous avons aussi rencontré un établissements public où
le refus ne s'accompagnait d'aucune indication d'un autre établissement.
COMMENT SE PASSE CE PREMIER CONTACT ?
L'accueil des femmes au téléphone ne sera que très
rarement (moins d'un service sur cinq) fait par une personne spécialement
affectée à l'activité I.V.G. et ayant reçu
une formation (secrétaire, conseillère en planification).
Dans certains services de gynéco-obstétrique, les appels
des femmes demandant une I.V.G sont directement passés aux conseillères.
Dans tous les autres cas, leur interlocuteur sera la secrétaire
du service concerné.
Réticence et dissuasion lors de ce premier contact sont tout à
fait exceptionnelles. Un seul cas nous a été signalé
où le secrétariat se faisait le porte-parole d'un chef de
service peu favorable à l'avortement.
QUELS SONT LES RENSEIGNEMENTS DEMANDES ET LES DELAIS DES RV ?
-Dans le secteur privé, où en règle générale,
un rendez-vous est obtenu très rapidement, souvent aucune question
n'est posée lors du premier contact téléphonique,
qu'on y accède directement ou par l'intermédiaire d'un médecin
traitant.
-Dans le secteur public, les délais de RV sont d'environ 8 jours
mais pouvant aller jusqu'à 4 semaines parfois.
Par contre, la date des dernières règles est fréquemment
demandée afin d'assurer la gestion des rendez-vous en fonction
du nombre d'I.V.G qu'il a été décidé de programmer
dans le service et aussi afin de refuser les termes dépassés.
Cela permet d'accueillir plus rapidement les femmes à terme plus
avancé, mais ce système a pour inconvénient d'allonger
les délais de rendez-vous des femmes dont la grossesse est jeune.
Dans les lieux où aucune question n'est posée au téléphone
et où la femme n'obtient pas son rendez-vous immédiat, on
a pu constater, que des femmes se voyaient ainsi refuser l'avortement
pour un terme dépassé, même de quelques jours, le
jour du rendez-vous. Ce type de fonctionnement met en lumière l'importance
de la formation du personnel chargé du premier contact.
Il n'est pas rare, quand les délais de rendez-vous sont trop importants,
qu'une femme ne vienne pas à la consultation, si elle a trouvé
une solution plus rapide dans le secteur privé (très souvent
moins de huit jours).
Un délai supérieur au délai de réflexion entre
la première consultation et l'I.V.G pourrait cependant être
bien accepté s'il était expliqué et non imposé
arbitrairement avant toute consultation médicale.
COMMENT SE PASSE LA PREMIERE CONSULTATION MÉDICALE ?
Lors de cette première consultation, la loi précise que
le médecin doit enregistrer la demande. Nous avons pu constater
que le médecin sort parfois du rôle défini par le
législateur quand il cherche à faire dire à la femme
ses motifs de recours à l'I.V.G et qu'il la culpabilise, alors
qu'elle est seule à juger de sa situation de détresse.
Nous avons rencontré beaucoup de médecins qui, bien qu'ils
ne soient pas hostiles à l'avortement, gardent le sentiment que
c'est à eux d'octroyer le droit à l'avortement. Cet état
d'esprit pousse certains médecins à " choisir "
les femmes qu'ils veulent bien avorter. C'est particulièrement
net quand il s'agit de femmes ayant déjà eu un ou des avortements.
L'attitude des médecins auprès de ces femmes est le plus
souvent neutre mais parfois très réprobatrice. Les médecins
ressentent mal les échecs de la contraception et l'ambivalence
devant le désir d'enfant, mais il faut rappeler que rien, dans
la loi, ne les autorise à refuser et à juger à la
place de la femme.
ÉTABLIR LE DIAGNOSTIC ET LE TERME DE LA GROSSESSE.
Au cours de cette consultation à visée diagnostique, le
médecin multiplie souvent la prescription des examens complémentaires
(échographies répétées, examens biologiques).
Il est pourtant établi qu'il s'agit d'un acte simple dans la majorité
des cas, basé sur les données de l'interrogatoire et l'examen
clinique.
L'INFORMATION SUR LES COMPLICATIONS QUI FAIT PARTIE DE CETTE CONSULTATION
elle n'est pas toujours donnée par le médecin. C'est souvent
fait par la conseillère au cours de l'entretien (alors que ce n'est
pas son rôle) ou par un document distribué à la femme
qui énumère ces complications. Le style du document va du
simple au plus dramatique. Il est en général demandé,
à la femme de signer ces documents (alors que la loi demande que
se soit seulement signée une confirmation de sa demande d'I.V.G.)
Quant au dossier GUIDE qui doit être donné par le médecin
lors de la première consultation (art.L162-3) son existence est
connue mais son utilisation négligée dans un nombre surprenant
d'établissement. Dans l'ensemble des établissements visités,
il n'est distribué qu'une fois sur deux et jamais par le médecin
mais par les conseillères. Or c'est bien avant que la femme a besoin
de ces renseignements. C'est chez le médecins de ville qu'il faudrait
le trouver.
QU'EN EST-IL DES LIMITATIONS IMOSÉEES PAR LA LOI ?
Pour les femmes hors délai légal (12 semaines d'aménorrhée).
Le secteur PUBLIC visité, à 2 exceptions près, se
réfère à la loi de façon très stricte
refusant les femmes au-delà des 10 semaines de grossesse. La rigueur
rencontrée est parfois étonnante (2 à 3 jours de
dépassement) alors que tous savent que le terme, même avec
une échographie ne peut être déterminé avec
certitude à quelques jours près. Le recours à la
procédure de l'interruption de grossesse (ITG) qui permet d'avorter
une femme quel que soit le terme si deux médecins (dont un expert)
la jugent en " grave péril " n'est utilisée qu'à
titre exceptionnel (très jeune mineure hors délai légal
par exemple). La plupart considèrent donc que des causes psycho-sociales
ou psychiatriques mêmes graves ne mettent pas la femme en "
grave péril " et ne donnent pas la même signification
que l'OMS à l'expression " santé en grave péril
".
La grande majorité des établissements PRIVÉS visités
refusent également de prendre en charge ces femmes. Nous y avons
rencontré cependant certains médecins qui s'autorisent une
souplesse à quelques jours près " pour rendre service
". Les procédures d'urgence permettant de raccourcir le délai
de réflexion de 7 à 2 jours sont mal connues et peu utilisées.
Bien que la loi l'interdise, secteur public et secteur privé informent
très souvent les femmes des possibilités d'avorter jusqu'à
un délai plus tardif à l'étranger et donnent l'adresse
de cliniques anglaises et/ou les renvoient sur les conseillères
du M.F.P.F
POUR LES FEMMES ETRANGERES NON RÉSIDENTES DEPUIS 3 MOIS.
La loi en stipulant que les femmes devraient être résidentes
en France depuis au moins 3 mois pour avoir une I.V.G devait pour objectif
d'éviter un " tourisme I.V.G " provenant des pays voisins.
De fait, les demandes de cet ordre son bien peu nombreuses puisque tous
les pays d'Europe (à l'exception de l'Irlande) ont modifié
leur législation vis à vis de l'avortement.
Dans les régions visitées, les attitudes sont variables
d'un établissement à un autre aussi bien dans le secteur
public que privé. Dans le secteur public, la carte de séjour
est souvent demandée.
Personnel médecin et non médecin interrogé sont peu
au fait des procédures d'admission de leur établissement.
Cette responsabilité est donc laissée au personnel administratif
: cela décharge les médecins d'une interprétation
de la loi difficile s'ils se trouvaient confrontés à des
situations sociales souvent inextricables.
Des femmes étrangères résidentes qui n'ont pas de
titre de séjour sont admises dans certaines cliniques
à
condition qu'elles paient en espèces.
LES FEMMES MINEURES
La majorité retenue partout est 18 ans et jamais la majorité
du pays d'origine comme nous en avons eu l'exemple dans la région
parisienne il y a peu de temps.
Les attitudes à l'égard des mineures, sont dans la majorité
des établissements visités, très strictes ; on exige
l'autorisation écrite signée d'un parent et souvent aussi
sa présence lors de l'admission (ce qui n'est pas inscrit dans
la loi) voire parfois celle des 2 parents. Il est aussi parfois demandé
le papier de garde de l'adolescente en cas de divorce ou le livret de
famille.
Là aussi, le rejet des responsabilités se fait sur les admissions
qui utilisent pour l'I.V.G. les règles appliquées aux autres
actes chirurgicaux : toute intervention chirurgicale sur un mineur doit
être autorisé par le parent responsable et présent.
Il n'y a de fait dans les règlements relatifs aux interventions
chirurgicales sur un mineur doit être autorisée par le parent
responsable et présent. Il y a de fait dans les règlements
relatifs aux interventions sur les mineurs plus d'exigence que dans le
texte de loi sur l'IVG et on se prévaut de ces règlements
pour appliquer ce texte de façon restrictive.
AU TOTAL, les limitations dans le cadre d'une application d'une interprétation
restrictive de la loi, aggravent donc les difficultés des cas sociaux
les plus aigus. Ces femmes aboutissent plus ou moins rapidement au M.F.P.F
qui se trouve donc seul à gérer des situations psychologiquement
et socialement dramatiques.
MATERIEL ET LOCAUX
Les locaux :
Ils sont à l'image des hôpitaux parfois rénovés
et parfois vétustes. Dans l'enceinte des hôpitaux, l'activité
de Planning Familial est très inconstamment mentionnée sur
les panneaux de signalisation , celle de l'I.V.G ne l'est pratiquement
jamais. En privé ces deux activités ne sont jamais mentionnées.
Seuls les C.I.V.G autonomes ont des locaux spécifiques ou malgré
des moyens peu importants parfois, on y perçoit la volonté
d'humanisation et celle d'information des femmes ( brochures et affiches
d'information à disposition).
Partout ailleurs, les femmes demandant une I.V.G sont mélangées
avec les autres consultantes en particulier les consultations prénatales.
Les personnels soulignent les inconvénients de cette promiscuité
que certains médecins voient comme une garantie de l'anonymat.
N'ont nulle part été pensés des locaux adaptés
aux techniques légères d'avortement (salles de repos pour
avortements médicamenteux, petites salles d'intervention en hospitalisation
de jour).
D'autre part, les salles d'intervention utilisées en commun avec
la chirurgie nécessitent l'organisation très précise
des tranches horaires d'utilisation avec, évidemment, les I.V.G
repoussées en fin de séance opératoire et contingentées
par le nécessaire partage des lieux.
Ce sont en général plutôt des lits de chirurgie qui
accueillent les femmes ; quand les avortées et les accouchées
sont dans les chambres communes, c'est toujours par manque de locaux suffisants
et les personnes rencontrées ont toutes exprimé leurs regrets
de cette situation.
Le materiel :
Nulle part, que se soit dans les établissements publics ou privés,
nous n'avons constaté de négligence dans : la disponibilité,
l'entretien du matériel de consultation ou d'intervention.
LES TECHNIQUES D'INTERRUPTION DE GROSSESSE.
Nous tenons la possibilité de choix par la femme comme un des
critères de bon fonctionnement des établissements faisant
des I.V.G : on peut considérer que ce choix est rare et réservé
aux personnes pouvant se déplacer facilement.
Dans tous les établissements visités, les conditions sanitaires
de l'avortement sont bonnes. Les carences concernant locaux et manque
de choix des techniques ne sont le fait particulier du secteur public
ou privé, mais dépendent beaucoup de la place que les responsables
accordent à l'IVG et des usages et de l'histoire de l'IVG dans
la région avant et après la légalisation.
Les techniques utilisées sont généralement lourdes
(anesthésie générale, hospitalisation de plus de
12 heures), non réactualisées, ne permettant pas à
la femme d faire un choix éclairé.
Les techniques ambulatoires sont majoritairement choisies dans les 2
C IVG publics à fonctionnement autonome visités, elles peuvent
parfois aussi être privilégiées dans le secteur privé
lorsque doivent être satisfaites les demandes des femmes s'il existe
une situation de concurrence.
Les techniques ambulatoires nécessitent,il est vrai,une remise
en question de soi-même,une modification des habitudes qui se heurtent
à une pesanteur et une inertie qui ne sont pas propres à
l'avortement.
Comme pour tout acte médical, le choix d'une méthode par
le médecin est directement lié à l'expérience
qu'il en a :s'il a le sentiment de posséder à fond une technique,il
ne tentera pas d'en changer. L'IVG suscitant trop peu de recherche scientifique
et réputée comme une activité inintéressante,
échappera encore moins à ces règles. Pas de curiosité,
pas d'intérêt, pas de recherche,pas de souci de remettre
en question les habitudes et un sentiment permanent d'insécurité
dans cette activité sous haute surveillance,ces conditions ne favorisent
pas les progrès techniques et les attitudes innovatrices.
La formation dans ce domaine,paraît superflue à beaucoup
et les moyens ne sont pas donnés à ceux qui paraissent intéressés.
VUE D'ENSEMBLE
Nous avons eu l'impression que les médecins avaient tous pris
peu à peu conscience des conséquences favorables sur le
plan sanitaire de la libéralisation de l'avortement, quelle que
fut la force de leur opposition initiale. Mais les réticences du
corps médicale, en particulier les gynécologues obstétriciens,
n'ont pas facilité l'application de la loi.
Ce n'est que lorsque des structures autonomes se développeront
dans le secteur public, à partir de 1979, sous la pression d'associations
militantes, que la situation se débloquera.
Parallèlement des services vont peu à peu intégrer
l'avortement dans l'ensemble de leurs activités à l'initiative
du chef de service ou sous la contrainte de l'administration.
Dans un premier temps, et jusqu'en 1985,le nombre des structures d'accueil
va augmenter, animées par un personnel( médecin et non-médecin
)volontaire , presque bénévole,particulièrement motivé
à une pratique de l'IVG dans de bonnes conditions.
En même temps,le phénomène est de mieux en mieux accepté
par le corps médical,et disparaissent progressivement les résistances
du personnel de certains services, quand elles existent . L'avortement
ne devient pas pour autant un acte valorisé,il est toujours inscrit
dans le code pénal et n'est toujours pas considéré
comme un acte gratifiant sur le plan professionnel .En outre, les motivations
à l'origine du volontariat du personnel les premières années
qui suivent la libéralisation, ne peuvent être celles des
nouvelles générations qui n'ont pas connu les désastres
de l'avortement clandestin .Une bonne application de la loi se heurte
au vieillissement du personnel très motivé,difficile à
remplacer . Les statuts précaires de ce personnel ne favorisent
pas le recrutement et des difficultés d'application vont surgir
de ci de là. Cette histoire de l'application de la loi sur l'IVG
a généré, on l'a vu,la situation assez fragile que
nous avons observée, et que nous venons de décrire.
C'est au secteur public que le législateur a confié le soin
de répondre à la demande d'avortement et l'administration
a le pouvoir de l'y contraindre.
On a pu constater qu'une femme qui désire un avortement se "
débrouille " mais dans des conditions sanitaires déplorables.
Sur ce plan,le progrès est incontestable , les avortements sont
faits , partout où nous sommes allés, dans de bonnes conditions
sanitaires, même si ceux qui les pratiquent n'usent pas de tous
les progrès de la technique. Peut-on dire pour autant que la situation
est satisfaisante ?
Signalons d'abord que nous avons rarement ressenti le recours à
l'avortement comme un droit que la femme était seule juge à
décider de faire valoir. Nous avons plutôt eu le sentiment
qu'il s'agissait d'une facilité accordée aux femmes voire
même parfois " octroyée " ;
Une femme se " débrouille " plus ou moins facilement
selon les cas, mais cette situation est d'autant moins idéale qu'elle
se caractérise, on l'a vu, par une très grande précarité
liée à des problèmes de structure et de recrutement
qui la rendent à terme " EXPLOSIVE ". A tout moment risquent
de surgir des problèmes aigus comme ceux de Lyon en 1990, de Nancy
en 1981, de Colombes en 1993 . se satisfaire de la situation actuelle
, avec tout son potentiel de dysfonctionnements, c'est laisser la porte
ouverte ;à de graves problèmes dans l'avenir, qui seront
de plus en plus difficiles à résoudre au coup par coup .
La politique suivie jusqu'ici a consisté à " gérer
la pénurie " mais les solutions de fortune ne seront pas toujours
possibles.
Cette pénurie, source des irrégularités que nous
avons relevées, en générera de nouvelles dont s'empareront
avec profit les opposants à la libéralisation quand ils
en prendront connaissance.
Nous avons mis l'accent sur des irrégularités légales
rencontrées mais nous devons dire que nous avons aussi rencontré
des responsables déclarant être soucieux de santé
publique, très désireux de respecter la loi et qui regrettaient
de ne pas avoir les moyens de l'appliquer.
Il y a des solutions à la fragilité de la situation. C'est
maintenant qu'il faut les mettre en uvre, si on ne veut pas la voir
se détériorer.
Dr.Danièle HASSOUN .CIVG de Clamart.92.
** enquête signée par : Ch.BLAYO (INED) A.BOURMEAU,A.BUREAU-ROGER,P.CESBRON,D.HASSOUN,JC.MAGNIER
(ANCIC)
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