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REFLEXIONS AUTOUR DE L'AVORTEMENT ET DE L'ENTRETIEN PRE-IVG
Le 17 octobre 1987, une table ronde animée par Marie-France BLAIN,
A.F.C.C.C., a réuni des conseillères conjugales et familiales
de centre d'orthogénie, de planification, une animatrice du M.F.P.F.
et des sages-femmes : Cet article tente de traduire, partiellement sans doute, le débat qui a été animé avec vigueur, passion. Notre réflexion a tout d'abord porté sur l'obligation et les formes de l'entretien. Nous avons ensuite repéré quelques éléments de la charge affective de l'avortement, notion perçue lors des entretiens. Puis nous avons abordé la grossesse chez l'adolescente, la contraception et les objectifs de l'entretien. Nous avons terminé en nous interrogeant sur notre rôle lors de l'intervention médicale de l'interruption de grossesse.
1 - DE L'ENTRETIEN OBLIGATOIRENous constatons que lorsqu'une femme, un couple décide de faire un enfant, ils n'ont à rendre compte de leur décision à aucune institution. Par contre d'autres décisions relatives à la procréation (telles que les I.A.D., l'adoption, l'avortement) sont régies par des entretiens juridiquement obligatoires. La loi sur l'interruption volontaire de grossesse de janvier 1975 a instauré l'obligation d'un entretien social avant l'IVG. Le législateur a prévu cette démarche comme un moment d'information sur les possibilités offertes aux femmes pour poursuivre leur grossesse, et sûrement même comme un moment de dissuasion. Nous savons qu'il existe effectivement des lieux où ce caractère dissuasif est dominant d ans l'entretien. Pour notre part, nous considérons, que la société en prévoyant cette obligation offre, au contraire, aux femmes et aux couples la possibilité d'exprimer, d'expliciter un choix. Cet entretien doit être le lieu où peut s'affirmer une liberté individuelle en matière de procréation. De nombreuses femmes se dispenseraient probablement de cette étape si elle n'était pas obligatoire. Elle nous apparaît cependant être un moment capital dans la démarche : moment difficile (être là par obligation pour parler spontanément !), douloureux parfois, mais aussi tellement maturant et souvent libérateur comme notre expérience nous a permis d'en juger. a) Entretien/autorisation - Entretien/préparation ? Nous notons une approche de l'entretien différente des femmes qui viennent uniquement " chercher le papier ", et de celles dont l'IVG est prise en charge dans l'institution où se déroule l'entretien. Pour les femmes qui nous sont adressées par des médecins extérieurs, pratiquant l'acte eux-mêmes, nous représentons le dernier interlocuteur qu'elles ont à solliciter. Nous sommes souvent alors perçues comme celles qui vont donner l'autorisation d'avorter. La façon dont cette démarche est présentée par le médecin peut conditionner l'attitude de la femme. Il est alors important de leur préciser que cet entretien est une obligation de par la loi sur l'IVG. En signant l'attestation en début d'entretien, nous ouvrons la possibilité à une parole plus en confiance, et signifions par-là, que ce n'est pas ce qui se dit dans l'entretien qui conditionne la signature de l'attestation. Le "papier" n'est pas une autorisation mais une attestation d'entretien simplement. Nous n'avons ni à dissuader la femme, ni à être complice de son choix. C'est elle-même qui a à se donner l'autorisation d'avorter, à prendre sa décision et à l'assumer. Quand les femmes ont recours à l'interruption de grossesse dans le lieu de l'entretien, nous sommes bien souvent le premier interlocuteur : cette demande explicite d'autorisation d'avorter se manifeste peu. Les femmes choisissent pour la plupart, leur lieu d'avortement et l'entretien est vécu comme partie intégrante de leur démarche. Celles qui ont déjà l'attestation signée, ressentent ce moment comme une prise de contact, comme l'accueil à leur demande. Elles l'acceptent volontiers d'autant qu'ici le "comment ça va se passer" peut avoir réponse. Cependant il nous arrive de percevoir une certaine raideur, réticence, voire agressivité chez certaines consultantes. A nous de savoir comment aborder ces manifestations en respectant les résistances, les blocages et ne pas entraîner une femme sur un terrain où elle ne veut, ou ne peut pas aller actuellement. Tout comme existe une préparation à l'accouchement, à la naissance, cet entretien peut-être une préparation à l'avortement quant à sa décision et sa réalisation. b) Entretiens collectifs
Démonstration est ainsi faite que le groupe peut favoriser l'émergence d'une autre compréhension de leur situation et trouver solution aux difficultés individuelles. Cette pratique peut déclencher une prise de conscience -ou tout au moins un éveil- de la dimension sociale et politique de la situation des femmes dans notre société. c) Entretiens individuels Souvent les femmes, les couples qui se présentent à nous, se trouvent pour la première fois en situation d'entretien face à un tiers extérieur à leur histoire. Prendre le temps, laisser se faire les détours, respecter le rythme de nos consultantes est fondamental pour que l'entretien ait une valeur. Notre écoute attentive peut permettre à des femmes d'aborder pour la première fois avec un tiers, un événement de leur vie quelquefois enfoui depuis plusieurs mois voire années. Laisser ce souvenir émerger et se verbaliser demande effectivement de ne pas se presser. C'est un mot, une phrase énoncés par elles que nous pointons qui permet d'ouvrir une petite fenêtre, d'éclairer leurs propos. L'entretien doit permettre également de positiver le choix qui va être fait : tout acte posé dans la vie à un côté positif si nous prenons le temps, le soin de le repérer. Certaines femmes cependant, choisissent la moins mauvaise des solutions en sachant qu'elle est forcément douloureuse. L'objectif de l'entretien n'est pas de mener les femmes vers des composantes de leur vie qu'elles n'ont pas envie de nous dévoiler, de se dévoiler, mais d'écouter, d'offrir un espace à la parole, de contribuer à la réflexion sur la situation présente. Rappelons que notre intervention est très ponctuelle : nous recevons les femmes une seule fois, exceptionnellement deux. Par conséquent nous devons rester attentives à ne pas déstabiliser la femme (souvent en situation de crise) qui risque ensuite de se retrouver seule avec ses incertitudes, ses questions. L'entretien a ses propres limites et notre rôle n'est pas de nous substituer aux psychothérapeutes. Au cours de l'entretien, si cela nous semble important, nous pouvons laisser entendre à la femme le bien-fondé d'un travail thérapeutique qu'elle pourrait entreprendre à l'occasion de cet événement. Il entre dans notre fonction de les y encourager, de les orienter vers ce travail. Pour notre part nous avons à opérer une distance face à ces femmes afin de ne pas interférer sur leur histoire.
Il nous est donc nécessaire d'avoir une connaissance de nous-mêmes, une réflexion sur notre approche de l'IVG. Cela nécessite un suivi personnel, un contrôle de notre activité professionnelle, dans des groupes de réflexion dans ou hors de l'institution par exemple.
2 - DE CE QUI S'ENTEND DE LA CHARGE AFFECTIVE DE L'AVORTEMENTL'entretien est un moment privilégié où les femmes ont à formuler elles-mêmes l'objet de leur visite, à le préciser. À partir de ce que nous entendons dans les entretiens, différents thèmes nous interpellent et ont émergé fortement dans notre discussion. Ces thèmes, non exhaustifs, nous paraissent être témoins de la charge affective qui se joue dans l'avortement.
La majorité des femmes en demande d'avortement exprime clairement ou non une très forte culpabilité : culpabilité psychique et culpabilité sociale. * Culpabilité psychique Cette culpabilité naît avec la décision d'accomplir un acte de mort : commettre un crime, tuer une vie, un ftus, un enfant, sont les paroles le plus souvent prononcées par les femmes. Dans l'interruption de grossesse, l'issue choisie -le sacrifice du ftus- provoque une brisure de l'image de soi, et une atteinte à sa propre morale. Reconnaître que peuvent s'exprimer des désirs de morts, d'agressivité sur le ftus fait apparaître de l'ambivalence entre désir de mort, désir de vie que chacun porte en soi. Ces sentiments ne se réveillent pas uniquement à l'occasion de l'avortement, mais peuvent aussi être présents pour des enfants à naître, des enfants nés ou des adultes. Reconnaître ces sentiments est positif, refoulés ils deviennent culpabilisants. La décision d'avortement peut également permettre l'expression d'un double désir vécu contradictoirement : vouloir et refuser, aimer et détester dans le même temps. Combien de femmes " avouent " leur satisfaction à être enceintes (se croyant stériles), et dans le même moment leur impossibilité de poursuivre la grossesse qui se présente. Nous reconnaissons toutes que le grand mouvement de libéralisation de l'avortement des années 70 a été fondamental pour les femmes dans le libre choix de leur maternité. Cependant, nous constatons, à posteriori, qu'il y a eu tendance à vouloir banaliser l'acte d'avortement. Actuellement le conflit s'est déplacé. Du conflit social pour la reconnaissance du droit à l'avortement, nous sommes arrivés à un conflit individuel : femmes et hommes ont à gérer personnellement ce désir de maternité, de paternité. * Culpabilité sociale Les femmes sont investies du pouvoir de procréation. Ce sont elles qui transmettent la vie. Elles ont donc, d'une façon ou d'une autre, à rendre compte à la société de leur choix de donner la mort. Dans notre société où la maternité est glorifiée, où le projet fondamental est de se perpétuer, les femmes se mettent hors la loi sociale en décidant d'interrompre leur grossesse. b) La réparation Nous avons abordé la notion de réparation avec précaution car elle est d'une grande complexité. " D'une part nous constatons que la grossesse peut intervenir comme tentative de réparation de moments difficiles à surmonter. Ce sont des grossesses qui se produisent lors d'événements affectifs traumatiques, (décès de proches, conflits conjugaux, difficultés professionnelles par exemple) pour se rassurer, chercher à remplacer, suppléer, conjurer l'angoisse de la mort. Cela souligne, une fois de plus, la dimension inconsciente de la survenue d'une grossesse. Alors certaines y renoncent, la grossesse et l'enfant de ne s'inscrivant pas dans leur projet de vie actuelle qu'elles ne peuvent ou ne veulent modifier. " D'autre part, nous avons la sensation que les femmes ressentent la nécessité de réparer leur décision d'avortement. La vie sexuelle des femmes est rythmée par l'écoulement ou le tarissement du sang des règles : de la liberté à la ménopause c'est l'expression de la féminité. L'absence des cycles menstruels lors d'une grossesse menée à terme est valorisée puisque aboutissant à l'arrivée de l'enfant. Alors que cette absence du sang des règles lors d'une grossesse interrompue n'est pas productive d'un être, mais plutôt sanctionnée par le vide. Nous avons l'impression que les femmes tentent, consciemment ou non, de réparer cette absence de sang par la douleur psychique et physique générée par l'avortement.
c) Le couple La grossesse est souvent un moment de vérité au niveau du couple : de discussion, d'éloignement, de rupture ou de consolidation. L'entretien peut être le temps de s'interroger face à un tiers.
La grossesse peut aussi intervenir pour combler un vide lors d'une séparation, d'un divorce, ou au contraire pour rapprocher lors de retrouvailles. d) La problématique d'être mère Certaines femmes ne s'autorisent pas à dire, à se dire leur désir d'enfant, à se reconnaître comme mère en puissance. Pour les unes et les autres le chemin de la maternité n'emprunte pas les mêmes voies : pour les unes ce chemin est visible et acceptable d'emblée, pour d'autres il est beaucoup plus long et sinueux.
Certaines femmes, ayant vécu plus ou moins consciemment, le non-désir de leurs parents par rapport à elles-mêmes, ne peuvent accéder à leur désir d'enfant. En faisant sur le ftus lors de l'avortement, ce que leurs propres parents auraient voulu faire sur elles-mêmes, elles espèrent exorciser cette " destinée ".
3 - LA GROSSESSE CHEZ L'ADOLESCENTELa grossesse chez l'adolescente est souvent problématique et intervient comme un signe. En saisir la signification peut en éviter la répétition et les interruptions de grossesse multiple. Souvent, la jeune fille utilise consciemment la grossesse pour signifier quelque chose. C'est le moyen qu'elle trouve pour forcer ses parents à l'entendre. Elle met en acte par le corps ce qu'elle ne peut exprimer par la parole : à savoir la reconnaissance de sa sexualité par ses parents. Elle exprime également que, " elle grandit ", " n'est plus une petite fille " et peut devenir mère à son tour. Elle manifeste ainsi sa volonté de rompre avec l'adolescence et d'entrer dans le monde adulte. Notre rôle est d'aider ces adolescentes à comprendre ce qui se passe pour elles-mêmes, et les soutenir dans l'annonce de cette grossesse aux parents. En effet la majorité d'entre elles disent d'emblée : " Je ne peux pas en parler à mes parents ". Il est donc indispensable de réfléchir sur ce " je ne peux pas ", d'autant que la loi oblige les mineures à une autorisation parentale pour l'avortement. Quand nous les revoyons, elles disent pour la plupart " ce n'était pas aussi difficile que ça " et ont alors instauré avec le (les) parent(s) une relation plus en confiance. Sans nier les difficultés de cette démarche envers les parents, nous en voyons souvent les effets positifs dans la communication familiale ainsi débloquée. Des mères, plus rarement des pères, accompagnent leur fille lors de l'entretien, et souvent dans un double objectif : soutenir leur fille dans cette démarche d'avortement, mais aussi exprimer leur propre bouleversement. Elles disent leur surprise de " découvrir " la sexualité de leur fille, évoquent leur difficulté à saisir les raisons qui ont conduit leur fille à cette grossesse, s'interrogent sur les " fautes " qu'elles ont pu commettre dans l'éducation de la jeune " pour qu'elle en arrive là ", et parfois même endossent la responsabilité de cette grossesse. Il est très important d'entendre ces mères, car, là aussi le non-dit risque de laisser des séquelles affectives qui entravent le bien-être familial.
4 - CONTRACEPTION ET INFORMATIONLa contraception est également abordée dans les entretiens. Différentes attitudes sont exprimées. Certaines femmes n'ont jamais utilisé de moyens contraceptifs et cette première grossesse, non désirée, leur fait prendre conscience de leur fécondité possible et de la nécessité pour elle de se contracepter. D'autres ont plusieurs années de contraception assumée. Son arrêt pour diverses raisons (du " ras-le-bol " à " j'ai arrêté pour retrouver mes cycles naturels "), ou l'oubli nous démontrent que ce n'est pas l'information qui est déficiente. C'est de la gestion de la fécondité par la femme qu'il s'agit. De l'information, les femmes en font ce qu'elles veulent, ce qu'elles peuvent en fonction de leur histoire. L'information la plus précise soit-elle, ne supprimera pas l'émergence de grossesses non désirées. Pour des femmes, accepter une contraception, c'est accepter de se responsabiliser par rapport à leur féminité. Reconnaître les bénéfices d'une contraception, c'est sûrement en accepter les contraintes. Notre pratique nous fait constater que l'entretien pré-IVG est souvent peu propice à un réel échange sur la contraception. L'entretien est plus le moment de la réflexion, de la résolution du problème présent que celui de la projection dans le futur. Tout comme nous exprimons le bien-fondé de l'entretien avant l'avortement, nous en notons la nécessité après. Cependant, peu de femmes reviennent nous voir, même si nous leur en avons offert la possibilité. L'entretien est aussi le moment de l'information sur les techniques de l'avortement. Des femmes préfèrent ne pas savoir, mais la plupart sollicitent cette explication. Elles en tirent un sentiment de soulagement, de dédramatisation : l'acte technique paraissant moins traumatique qu'elles ne l'avaient fantasmé.
5 - OBJECTIFS DE L'ENTRETIENÀ partir de ce qui s'est dit précédemment, essayons de faire la synthèse de ce que permet l'entretien pré-IVG.
L'ENTRETIEN OUVRE DONC UN CHAMP A LA PAROLE. . LE TRAVAIL D'ELABORATION ENTAME DOIT PERMETTRE A LA FEMME, AUX COUPLES DE PORTER UN AUTRE REGARD SUR SON EXISTENCE, ET SURTOUT, CE QUI EST PRIMORDIAL : DONNER SENS A LA DECISION QUI VA ETRE PRISE.
6. - NOTRE ROLE PENDANT L'AVORTEMENTAu cours de la table ronde, des opinions différentes, divergeantes se sont exprimées sur la nécessité ou non de notre présence lors de l'intervention médicale d'IVG. Différences que je livrerai volontairement sous forme d'interrogations, de questions car nous ne pouvons donner des réponses stéréotypées. Chaque femme se présente à nous différemment de l'autre, ce qui sera important pour l'une ne le sera pas forcément pour l'autre. Certains lieux proposent aux femmes une intervention sous anesthésie locale ou sous anesthésie générale. En choisissant l'anesthésie locale, les femmes tentent de s'approprier cet acte, bien qu'exécuté par un tiers. Voir, être présentes, vivre sont des expressions employées par elles. Dans la plupart des lieux, les femmes ont alors la possibilité d'avoir auprès d'elles la personne de leur choix. Au contraire, en demandant l'anesthésie générale, les femmes préfèrent être absentes, ne pas sentir, s'en remettre à un tiers. L'endormissement et le réveil sont des moments clefs. À l'induction du produit anesthésique, il n'est pas rare que les femmes se manifestent beaucoup verbalement. Des peurs, des angoisses, des fantasmes non verbalisés lors de l'entretien, souvent, viennent se faire jour. Notre présence est-elle nécessaire au recueil de cette autre parole pour la restituer ensuite à la femme ? Mais les femmes qui avaient, volontairement ou non, retenu cette parole dans l'entretien ne peuvent-elles pas ressentir cela comme une violation de leur parole ? Notre présence permet-elle la continuité entre la parole et l'action ? Les femmes préfèrent-elles ou non dissocier ces moments ? Est-il important que le lien affectif qui s'est tissé dans l'entretien se poursuivre au moment du passage à l'acte de l'IVG ? Les femmes ont-elles envie, besoin d'avoir plusieurs interlocuteurs avec des écoutes différentes, ou une seule personne qui entende globalement leurs paroles ? La parole sur l'événement qui vient de se passer, l'espoir de vie, l'espoir dans l'avenir qui se manifeste fréquemment au cours du réveil, doit-il être entendu par nous ? En voulant tout entendre à tous les moments, ne manifestons-nous pas là notre désir de toute-puissance, de tout savoir ? Est-il important pour les femmes, mais également pour l'équipe de travail, de respecter les fonctions des uns et des autres avec leurs limites ? Cela sert-il la cohésion de l'équipe ? Toutes ces questions, et bien d'autres, méritent que nous y prêtions attention pour que la femme qui vient avorter ne soit pas l'enjeu d'autres problématiques personnelles et professionnelles.
CONCLUSIONDans la postface du roman de Marie Cardinal " Autrement dit ", Annie Leclerc dit ceci : " Seule la parole qui s'exprime de moi, Il me semble donc que la meilleure des conclusions est de retranscrire des phrases de femmes entendues lors de mes entretiens : "à qui voulez-vous que j'en parle, je suis toute seule" "je ne l'ai dit à personne, je l'ai gardé pour moi, c'est dur" "j'ai 30 ans et les gens ne comprennent pas pourquoi je n'ai pas d'enfant" "c'est de ma faute, j'aurais dû faire attention" "je le sens vivre dans mon corps, c'est incroyable, j'ai le droit de vie et de mort" "c'est grand comment " " je veux que ça aille vite avant que ça grandisse" "nous n'avons pas tous les deux le même besoin de créer une famille" "je suis en train de suivre les traces de ma mère, et ça je ne veux pas" "peut-être que ma mère ne me désirait pas ?" "ma mère n'accepte pas que je grandisse, que je devienne adulte, d'ailleurs elle ne veut pas entendre parler de mon copain" "je lui ai dit (à sa mère) que j'étais enceinte, ça a été dur, maintenant ça va bien, je crois que je peux lui parler" "je ne comprends pas. Pourtant je prends ma pilule tous les soirs" et peu après "peut-être que ce n'est pas un hasard si je suis enceinte" "je ne sais pas pourquoi je vous parle de ça, mais ça me fait du bien" "même s'il est clair pour moi je ne veux pas garder cette grossesse, c'est pas facile" "ça me demande un retour sur moi, des ajustements dans mon couple, je ne peux plus voir le futur comme avant" "C'est comme si l'on venait de faire un film" (silence) "le film de ma vie"
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