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IVG Anesthésie locale
I - La situation en France
Le reste des interruptions volontaires de grossesse, environ 16 %, est fait par mifégyne plus cytotec. Ces proportions sont assez stables depuis plusieurs années. On peut noter des différences entre le privé et le public. Le privé pratique essentiellement des anesthésies générales. 95% des interruptions volontaires de grossesse se font sous anesthésie générale dans le privé ; 62 % dans le public. La proportion varie aussi beaucoup selon les régions : 20% d'anesthésie générale dans le Nord-Pas-de-Calais, par exemple, 90 % en Normandie, Aquitaine, Poitou, Corse.
II - L'anesthésie locale permet une diminution des complications
La technique consiste à injecter un mélange de 10 cc de Xylocaïne à 1% adrénaliné et de 10 cc de Xylocaïne à 1%. L'injection se fait d'une part en intra-cervical, en 4 points assez profondément (4 cm) : l'injection doit se faire lors du retrait de l'aiguille pour limiter le risque d'injection intra-vasculaire, et d'autre part par bloc para-cervical : 5 cc dans chaque cul de sac vaginal, à 4 H et 8 H, en prenant soin de ne pas infecter à plus de 0,5 cm de profondeur pour ne pas injecter dans l'artère utérine ; l'aiguille à boule est très pratique (pour éviter l'injection intra vasculaire, il faut aussi tirer sur le piston avant d'injecter le produit). Il faut ensuite attendre 3 minutes. Les contre-indications sont rares ; l'allergie à la Xylocaïne est exceptionnelle ; on peut citer la comitialité, les troubles de la conduction auricoloventriculaire, les traitements par digitaliques, l'HTA mal contrôlée, l'hyperthyroïdie non équilibrée, IMAO, antidépresseurs tricycliques.
III - Pratiquer une IVG sous anesthésie localePratiquer une IVG sous anesthésie locale nécessite un choix préalable qui est discuté avec la patiente lors de la consultation pré-IVG. En effet, cette méthode suppose que la femme soit assez détendue, ce qui est facilité par la présence d'un membre de l'équipe pendant l'intervention, qui l'aide à respirer calmement, lui parle. Nous travaillons toujours à deux. Dans ces conditions, l'intervention se déroule bien, en une dizaine de minutes ; assez fréquemment, en fin d'aspiration la patiente ressent une contraction intra-utérine, qui dure environ 1 minute. Pour apprécier la douleur ressentie par la patiente, nous avons utilisé l'échelle de douleur de 0 à 10 que la femme apprécie elle-même, et la moyenne chiffre la douleur à 3. Ensuite la patiente se repose une demi -heure et peut repartir chez elle. Au début de notre pratique, nous avons fait des aspirations sans anesthésie du tout, mais nous trouvons que la douleur est nettement moins importante avec l'anesthésie locale. Depuis ces dernières années la méthode a encore été améliorée par la prescription de plus en plus fréquente d'un médicament aidant la dilatation, soit la Mifégyne 1 cp 2 jours avant l'IVG, soit du Cytotec à diverses doses la veille au soir et/ou 3 heures avant. L'IVG est ainsi raccourcie, la dilatation étant souvent assez bien avancée : le vécu de la femme en est facilité.
Pour conclure
¹ CROST Monique, KALINSKI Monique : Les interruptions
volontaires de grossesses : des caractéristiques stables. INSERM,
Unité 149 - Solidarité Santé N°2, 1997.
Dr PLATEAUX Dominique
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